Les besoins de bébé
Les besoins de bébé
On les appelle également, besoins vitaux. Il s'agit de l'alimentation et du sommeil.
Alimentation
Bébé a grandi, il ressemble maintenant aux poupons des magasines, il sourit, il babille, il vous suit du regard, il se redresse et essaye de s'asseoir même s'il bascule encore souvent en arrière ou sur le côté mais il peut tenir quand on le cale bien avec des coussins ou entre les bras. Un matin, vous avez découvert une petite perle blanche qui saillait des gencives, la première dent ! Vous avez sans doute fêté cela avec le berboulés traditionnel. On dit que ça favorise la percée des autres dents qui vont ainsi s'égrainer les unes après les autres sans trop faire souffrir bébé. Même si on n'y croit pas et qu'on sait que le calcium contenu dans le lait et la vitamine D qui favorisent sa fixation sont nécessaires, c'est une occasion de petite fête et une si jolie tradition qu'il serait ridicule d'en priver la famille. Et d'ailleurs la deuxième incisive ne vas pas tarder à apparaître pour mieux illuminer le sourire de bébé et aussi lui permettre de mordre et il ne s'en privera pas. C'est donc le moment où il ne pourra vraiment plus se contenter du biberon et aura besoin d'une nourriture plus variée. De plus il aura besoin aussi de prendre une part active au repas et non être nourri passivement.
Beaucoup de problèmes d'alimentation qui surgissent plus tard chez les jeunes enfants prennent souvent naissance dans la façon dont on alimente l'enfant dans sa première enfance.
Voilà comment ça se passe habituellement. Les parents se font une idée de la quantité de nourriture que l'enfant doit prendre et vont essayer de la faire prendre au bébé. Pour cela ils vont utiliser toutes les ruses possibles pour faire accepter la nourriture. J'ai vu des parents taquiner le bébé, le faire rire et profiter de sa bouche ouverte pour lui enfourner la cuillère, j'en ai vu qui acceptaient de suivre bébé qui trottine et de le nourrir ainsi à la faveur du jeu, je n'en ai pas vu qui nourrissent de force en pinçant les narines mais il paraît que ça existe.
Devant le refus de bébé, certains parents renoncent mais se rattrapent en donnant à l'enfant toutes sortes d'aliments entre les repas sous prétexte que l'enfant a si peu mangé à midi.
Toutes ces attitudes sont désastreuses pour l'enfant comme pour les parents.
Elles transforment le plaisir de manger quand on a faim, à sa faim et seulement à sa faim en une corvée éreintante. Le repas a une valeur sociale à préserver et il n'est pas bon d'en faire un champ de bataille où l'enfant et la mère s'affrontent. Car l'enfant utilisera la nourriture comme moyen de chantage dans sa relation aux parents.
Au contraire le moment du repas doit être un moment de joie et d'échanges harmonieux où l'enfant aura plaisir à manger tout seul.
Pour cela vous ne devez pas être obsédés par la quantité de nourriture soit-disant nécessaire qui fait dire aux parents que leur bébé a un appétit d'oiseau. Vous devez avoir toujours à l'esprit que la nourriture est un besoin naturel et que tout bébé a tendance à satisfaire ses besoins et s'il ne veut pas manger c'est tout simplement qu'il n'a pas faim. L'appétit peut-être variable. Un bébé peut refuser la purée de légumes pendant un ou deux jours et se contenter de laitages et de fruits sans dommage pour sa santé et si vous n'en faites pas un sujet de conflits il la mangera goulûment un autre jour et il en est de même de tous les plats que vous lui proposerez. Il faudra diversifier le plus possible cette alimentation pour habituer l'enfant aux différents goûts des aliments. La qualité compte plus que la quantité.
Chaque enfant naît avec une constitution physique particulière. Il y a des bébés menus, ils ne sont pas pour autant chétifs ou malingres, de même qu'un gros bébé, suralimenté, un bébé soufflé comme on dit, n'est pas forcément costaud et vigoureux.
Si vous nourrissez votre enfant naturellement, en lui donnant des repas équilibrés et diversifiés pour lui apporter la quantité et la qualité des éléments nutritifs dont il a besoin, si vous le laissez participer à son repas, même s'il se salit un peu trop à votre goût, vous aurez fait le plus et le meilleur pour votre enfant et vous n'aurez pas besoin de le comparer à d'autres bébés plus gros.
La bonne humeur du bébé est le meilleur signe qu'il est bien nourri. La joie avec laquelle il aborde le repas, la joie, même si elle est impertinente, avec laquelle il détourne la tête, repousse l'assiette ou crache sont le gage que ses besoins sont satisfaits. Tous les pédiatres vous le diront, les enfants mal nutris sont des bébés tristes.
Si cette période d'opposition apparaît, ça arrive souvent vers la fin de la première année, c'est que bébé voudrait manger seul, comme il le voit faire autour de lui. Il faudra alors renoncer aux purées et bouillies et préparer le repas de façon à ce qu'il puisse manger seul en coupant les légumes en petits dés et la viande en petits morceaux qu'il pourra manger à la main et peu à peu à la cuillère.
Dans une expérience devenue maintenant célèbre on a nourri des bébés pendant un mois en les mettant devant un buffet composé de toutes sortes d'aliments nourrissants et on a laissé les enfants choisir et ne manger que ce qu'ils choisissaient. On notait sur une fiche la qualité et la quantité des aliments pris chaque jour par chaque enfant et aux termes du mois que dura l'expérience on s'aperçut que le régime choisi par l'enfant sans aucune influence adulte était un régime équilibré. Ainsi les besoins et les désirs de l'enfant concordent avec un repas équilibré à condition que le menu soit suffisamment varié.
Le sommeil
L'autre besoin élémentaire du nourrisson est le sommeil.
Comme vous le savez en effet le sommeil est un besoin naturel et vital, personne ne peut résister à une longue privation de sommeil.
Il arrive que le bébé à l'âge où il commence à marcher soit pris dans un champ de découvertes et de stimulations tel qu'il a du mal à s'en détacher pour aller se coucher et lutte contre le sommeil jusqu'à épuisement. Je crois que dans ce domaine une certaine fermeté de la part des parents est nécessaire. C'est à eux de décider de l'heure habituelle du coucher parce que très peu d'enfants veulent spontanément aller dormir. Ils sont capables de résister jusqu'à tomber littéralement de sommeil et venant après un état de surexcitation le sommeil sera peu réparateur, agité. Le lendemain l'enfant sera grognon, irritable et finira par dormir à n'importe quelle heure de la journée et le rythme du sommeil en sera perturbé.
De plus, les parents ont besoin d'un moment de détente dans la soirée, de se retrouver seuls sans le bébé qui a une tendance vorace à accaparer toute l'attention. Ces moments de détente quand les enfants sont au lit, me paraissent nécessaires à l'équilibre du couple et à une meilleure relation parents-enfant.
Bien des parents en sont convaincus mais ils appréhendent le moment de mettre le bébé au lit, et cèdent dès qu'il manifeste une résistance. En fait ils ne se rendent pas compte que c'est leur ambivalence qui entretient le refus de dormir de l'enfant. En effet l'enfant déteste tous les signes de divergences, de doutes, d'hésitations qui apparaissent chez les parents.
Cette ambivalence des parents est très fréquente, c'est comme s'ils se sentaient confusément coupables d'écarter l'enfant, le couple ne se sentant plus le droit d'être heureux en dehors de l'enfant.
Cette culpabilité inconsciente est souvent ressentie plus fortement par l'un ou l'autre membre du couple et peut créer des ressentiments chez l'autre. L'un ou l'autre peut se sentir délaissé et cette tension s'exacerbe surtout s'il existe par ailleurs d'autres sources de conflits non résolus.
Je pense qu'il est néfaste et dangereux à long terme que les parents sacrifient à l'enfant, leur propre vie de couple.
Ainsi même si bébé a grandi, rechigne à aller se coucher, il faudra veiller à maintenir les habitudes régulières de sommeil que vous avez instituées auparavant, avec souplesse mais aussi fermeté.
En dehors de l'alimentation et du sommeil quelques difficultés peuvent aussi surgir à propos de l'activité de jeu, autre besoin de bébé. Maintenant qu'il trottine dans la maison, il va évidemment vouloir toucher à tout et faire toutes sortes de bêtises. Il y a des choses que vous serez amenés à lui interdire, aussi est-ce le moment de l'éclosion des colères, des caprices qui font partie de l'évolution naturelle de l'enfant et les parents les plus acceptables ne peuvent les éviter. L'essentiel je crois est de ne pas en avoir peur et justement de ne pas essayer de les éviter à tout prix en cédant à toutes les exigences. Ce comportement ne fait que les renforcer et les multiplier. Si bébé veut un objet que vous lui refusez il pourra crier, se rouler par terre, trépigner ou tout autre comportement de colère qu'il vous est difficile de supporter. Vous serez porté à céder en vous disant : il est encore petit, je réagirai plus tard. Mais il faut savoir que, tout petit qu'il est, il est conscient de son pouvoir et pourra utiliser ses crises de colère pour vous mettre à l'épreuve, obtenir ce qu'il veut et tester la valeur des interdits. Si vous cédez il saura que sa réaction est efficace et il l'utilisera chaque fois qu'il se heurtera à une interdiction. Le meilleur moyen est de le laisser crier s'il est déjà engagé dans sa crise de colère. Si le spectacle ne vous émeut pas outre mesure, il y renoncera ; mais la meilleure solution est de prévenir ces colères en lui disant non fermement tout en détournant son attention vers un autre but.
Le jeu
Si vous observez des enfants d'âges différents jouer entre eux, vous apercevrez que les plus grands réussissent très bien à préserver leurs jouets menacés par l'avidité et les gestes maladroits des bébés. Ils ne se contentent pas de leur crier non mais trouvent très vite le moyen de les détourner et de transformer l'interdiction en un jeu attrayant, tirer le bébé, le faire rouler, le chatouiller, l'aiguiller vers un autre objet etc. Ils savent très bien détourner l'attention et offrir d'autres buts à la curiosité exploratrice du bébé. Peut être parce qu'ils sont encore dans l'enfance, trouvent-ils intuitivement la façon la plus efficace de se comporter avec le bébé, sans le frustrer et le mettre au défi.
Peu à peu le bébé va cerner les frontières entre le permis et le défendu. Encore faut-il que le domaine de l'interdit soit quelque chose de bien clair pour le petit.
Rien de plus affligeant que ces intérieurs où les bibelots et autres objets de valeurs sont étalés à portée des mains maladroites et qu'on défend par des interdictions répétées par la mise à l'écart de l'enfant derrière les barreaux d'un parc. Je pense qu'il est préférable de retirer les objets de valeur et les mettre hors de portée de l'enfant pour lui laisser un espace à explorer et une variété d'objets à manipuler sans risque, ainsi les objets interdits seront facilement repérables par l'enfant. En effet, le jeu est un facteur important du développement de l'enfant.
Sans vous ruiner, vous pouvez rassembler une corbeille de jouets qui feront sa joie, des boîtes de toutes les couleurs et de grandeurs différentes, des tubes, des balles, des bouchons, des coquillages, des chiffons, etc. En fait pour un enfant de cet âge, toute maison regorge de jouets, La cuisine par exemple est le royaume de prédilection des bébés qui adorent jouer avec casseroles, cuillères et autres ustensiles. Si vous laissez un enfant de un an à dix huit mois jouer librement dans la maison, vous vous apercevez qu'il ne s'attardera pas longtemps auprès des vrais jouets mais découvrira les siens au fur et à mesure de ses pérégrinations, un bout de ficelle, une chaussure, un tabouret qu'il traîne, un coussin, un panier, etc. Chaque objet est utilisé de différentes façons, au gré de sa fantaisie ; ce qu'ils préfèrent le plus à cet âge c'est tout ce qui leur permet de remplir et de vider, tambouriner, traîner, grimper etc... Le bébé est très inventif et se trouve rarement à court de jeu. Ces jeux accroissent son habileté motrice d'une part et aussi interviennent directement dans le développement de son intelligence en lui faisant acquérir peu à peu, à travers l'expérimentation, les notions complexes de poids, de longueur, de hauteur, de nombre. Oui vers dix-huit mois le bébé aura la notion de nombre, même s'il ne sait pas compter.
91-97